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Culture WWOOF

WWOOF en hiver ? T’inquiète, y’a plein de choses à faire

Le rythme ralentit enfin en hiver. Mais les fermes n’hibernent pas pour autant. Maraîchage, coupe du bois, boulange bio, récolte de l’osier… En ce moment, les WWOOFing continuent. Et les hôtes et les WWOOFeurs racontent.

Le rythme ralentit enfin en hiver. Mais les fermes n’hibernent pas pour autant. Maraîchage, coupe du bois, boulange bio, récolte de l’osier… En ce moment, le WWOOF continue.

Marie, fermière et boulangère bio dans le Lot, préparer notre pain bio avec nos céréales

« La fabrication de notre pain bio, c’est trois fois par semaine, été comme hiver ! »

Mon mari et moi cherchions une ferme à cultiver en bio. Nous nous sommes retrouvés dans le Périgord à cultiver nos propres céréales en bio afin de fabriquer du pain à l’ancienne. Parce que nous sommes une boulangerie, notre activité principale est la fabrication du pain ! C’est trois fois par semaine, toute l’année, été comme hiver. Nous faisons le pain et les viennoiseries tôt le matin et nous vendons ensuite notre pain frais sur le marché. Donc même en hiver, nous pouvons faire découvrir notre métier aux WWOOFeurs qui souhaitent venir nous aider.

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Pauline, en WWOOFing en boulangerie « Une année de WWOOF pour vivre un cycle de quatre saisons. »

J’ai terminé mes études en sciences politiques et j’ai décidé de faire un an de WWOOFing. J’ai commencé en septembre dernier. Je m’intéresse beaucoup à l’idée de développement durable, donc WWOOFing est un projet personnel parfait. Les activités liées au maraîchage ralentissent en hiver, j’ai donc choisi de venir découvrir la boulangerie artisanale biologique pendant une partie de l’hiver avant de poursuivre dans une ferme fromagère.

Expérimenter les pratiques durables,

ce n’est pas uniquement l’été quand c’est agréable.

Faire une année complète – hiver compris – était important pour moi. Je souhaitais vivre un cycle de quatre saisons car expérimenter les pratiques durables, ce n’est pas uniquement l’été quand c’est agréable.

Ici, chez Marie, mon pain préféré est le « forestier ». Il est fourré aux champignons shiitake de la ferme et au gruyère… Délicieux ! Et il se vend d’ailleurs toujours très bien au marché.

Laetitia, éleveuse en Auvergne : « débiter le bois et faire de l’artisanat quand il fait froid. »

« Il n’y a pas de journée type en hiver : c’est la météo qui détermine ce que l’on fait. »

« En hiver, les animaux passent plus de temps à l’intérieur donc il y a plus de nettoyage, naturellement. Nous devons aussi nous occuper du bois pour le chauffage – le débiter à la bonne taille, le ramasser et le ranger. S’il fait mauvais, nous nous replions sur l’atelier de couture : nous fabriquons de petites choses artisanales que nous vendons lors de manifestations en été : bracelets, porte-clés, peintures, etc. Enfin, à la fin de l’hiver, nous faisons beaucoup de recâblage pour les enclos des animaux afin qu’ils aient de nouveaux pâturages à brouter pour le printemps.

Et toute l’année nous donnons des cours d’équitation pendant les week-ends. Les WWOOFeurs nous aident à préparer le cheval et font parfois un peu d’équitation ! « 

Voir la Ferme de Laetitia

Chris, WWOOFeur américain en Alsace et dans les Alpes « récolter le compost et protéger les plantes. »

« J’étais honoré de pouvoir découvrir des styles de vie alternatifs en aidant mes hôtes. »

J’ai découvert le WWOOFing un peu par hasard. J’étais en Europe chez des amis et je ne voulais pas passer l’hiver en invité. J’avais envie de contribuer à la vie locale. Un de mes amis m’a alors parlé de WWOOFing. Le premier endroit où j’ai séjourné était un endroit près de Lyon, dans les Alpes. Il y avait un grand jardin et j’ai aidé mes hôtes à rentrer les plantes dans la serre pour l’hiver. C’était un endroit génial.

Ma seconde expérience de WWOOFing était une ferme en Alsace. En hiver, nous devions préparer le sol pour les prochaines plantations : nous avons récolté le compost produit dans la ville d’à côté. Nous le ramènions à la ferme et faisions de longues rangées pour l’engrais et les buttes de permaculture en vue du printemps.

Ces expériences m’ont ouvert toutes sortes de modes de vies alternatives en France : je suis resté dans des refuges dans les montagnes enneigées, j’ai fait de la confiture dans une grange transformée en studio d’enregistrement, etc. J’ai vraiment pu vivre la vie comme mes hôtes français, tout en me sentant honoré de pouvoir aider et rendre ce qu’on m’offrait.

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Renaud, fermier et boulanger en Loire-Atlantique « Pain, conserves et clôtures. »

« Puisque nous sommes une communauté de métiers bio en pleine croissance,
nous avons des activités toute l’année. »

« Notre ferme regroupe une communauté de métiers en bio. Et j’aimerais encore ouvrir cet espace de travail à d’autres : apiculteurs, maraîchers, fromagers… Nous sommes en pleine croissance et donc nous avons des activités toute l’année.

À l’automne, nous commençons la préparation du sol et nous continuons à transformer les fruits et légumes pour l’hiver. Nous apprenons à nos WWOOFeurs à confectionner des conserves de tomates, des ratatouilles et purées de fruits. Chez nous c’est zéro déchet !

Pas d’ennui dans une communauté agricole !

Au début de l’hiver, nous préparons et coupons le bois, nous plantons certains arbres et nous faisons des clôtures pour les moutons. Si ils le souhaitent, les WWOOFeurs peuvent participer les week-ends : éco-construction et rénovation, projets de bricolage, nettoyage et organisation au sein de notre communauté agricole… Pas d’ennui chez nous ! La préparation de semis de blé pour les cultures céréalières est également très importante, car nous sommes pour l’instant principalement des céréaliculteurs et des boulangers traditionnels. Donc, vous voyez, il y a toujours beaucoup à faire, même en hiver !

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Marthinus, agriculteur en Bourgogne : « Il fait nuit plus tôt, l’occasion de prendre le temps de discuter. »

« Jamais un moment d’ennui en hiver… A chaque saison ses tâches. »

En été, nous nous préparons pour l’hiver. En hiver, nous nous préparons pour l’été. Les WWOOFeurs participent selon leurs capacités. Et il faut savoir s’adapter à la météo. Comme nous avons beaucoup de choses à faire, il y en a pour tous les temps. Un extrait ? Voici un petit inventaire : nettoyage de la forêt : choisir les arbres à garder et ceux qu’il faut éclaircir, couper du bois de chauffage, réparer les clôtures et en construire de nouvelles, entretenir le matériel et les outils, faire les petites réparations, préparer le jambon…

Un jour, un WWOOFeur canadien est venu chez nous : son père cultivait les sapins de Noël au Canada. J’étais très heureux de puiser dans cette mine de connaissances ! Après quelques discussions, nous avons décidé de préparer et de planter une haie naturelle sur notre ferme composée de 150 cyprès. Tout cela en hiver ! Et grâce à lui, les arbres poussent toujours.

S’assoir autour du feu, cuisiner ensemble, échanger des idées.

A cette période de l’année, il fait aussi nuit très tôt. Alors, nous avons tendance à discuter davantage. S’assoir autour du feu, cuisiner ensemble, échanger des idées et parler simplement de la vie en général. Pour nous, le WWOOFING ne concerne pas uniquement l’agriculture. C’est un mode de vie. Un échange constant d’idées, de cultures, de langues. Nos enfants adorent : ils ont de nouveaux amis avec qui jouer. Nous l’aimons aussi car il élargit leurs horizons et leur permet de connaitre plein de langues étrangères.

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Cécile, WWOOF dans les Hautes-Alpes : « Récolter l’osier, une culture spécifique à l’hiver. »

Sylvain et Virginie trient l’osier frais

L’osier se cueille en hiver, lorsque la sève est complètement descendue. C’est une culture incroyable car elle est très colorée à un moment où le paysage, lui, passe en noir et blanc. Les rouges et les ocres des différentes variétés d’osier réchauffent le coeur et les doigts ! Nous accompagnions notre hôte le matin et nous allions ensuite nous réchauffer dans son chaleureux petit atelier où se déroule la suite du travail. Trier par taille et par variété, faire de jolis fagots avant de les faire sécher.

Se réchauffer à la chaleur humaine, à l’échange de connaissances et redécouvrir la dextérité endormie de ses doigts.

C’est une opération spécifique à l’hiver et je suis très contente de l’avoir vécue. Dans les moment creux, nous avons appris à tresser l’osier entre nous, certains étaient très doués et ils nous montraient leurs techniques. L’idéal quand il fait froid dehors : on se réchauffe à la chaleur humaine, à l’échange de connaissances, et on découvre la dextérité dont nos doigts endormis par les claviers sont à nouveau capables.

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