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Culture WWOOF Portraits

« La chance d’être dehors, physiquement active, d’apprendre, d’être utile »

Membre de l’asso, Miranda vit à Nantes dans un appartement. Au moment du confinement, elle a choisi de rester en WWOOFing avec Nathalie, Stéphane et leur petite fille dans leur ferme de l’Allier. Au moment où la société s’interroge sur « le monde d’après », elle raconte comment cette situation lui permet d’expérimenter un autre type de vie… pas vraiment la pire.

« Voilà 5 semaines que je suis à Ferme de Layat dans l’Allier. En février, j’étais entrée en contact avec Nathalie et Stéphane sur le site pour savoir s’ils pourraient m’accueillir pendant trois semaines en mars. Hoorah, ils ont accepté ! J’étais particulièrement curieuse de voir comment se concrétisait leur projet d’agroforesterie. Depuis 2016, ils ont planté plus de 3000 arbres sur les 51 hectares pour redonner à l’arbre la place qu’il mérite dans le maraichage, l’élevage et la culture céréalière. 

« Il a fallu choisir : rentrer dans mon appartement ou rester en WWOOFing »

Alors que mi mars, le confinement se déployait, il a fallu choisir : rentrer à Nantes pour vivre cette période toute seule dans mon appartement ou bien rester en WWOOFing à Layat pour une durée indéterminée… Après une semaine sur la ferme, j’avais déjà assez vu et vécu pour être bien décidée… je voulais rester là ! A mon grand bonheur, ils ont bien voulu me garder 😉  Je suis remplie de gratitude et intensément consciente de la chance que j’ai d’être ici. La chance d’avoir pu venir à Layat, d’être arrivée avant le confinement, de passer mes journées et soirées avec Nathalie, Stéphane, Mélanie, une autre WWOOFeuse et deux compagnons du programme de Fermes d’Avenir, Baptiste et Lucas. La chance d’être dehors, la chance d’être physiquement active, la chance d’apprendre tous les jours, la chance d’être utile en contribuant modestement à la culture d’une nourriture délicieuse, saine et respectueuse du sol et de la biodiversité. Tout ça dans un environnement humain bienveillant et familial.

« J’aurais aimé que tout le monde puisse vivre le même « confinement » que moi. »

Depuis que je suis arrivée début mars, j’ai pu participer à la préparation et le paillage des planches (maraîchage sol vivant), à la plantation d’oignons, d’ail, de ciboules, de carottes, de panais, de pommes de terre, à la récolte de poireaux, de mesclun, de salades, de radis et d’épinards, au semis de choux, d’aubergines, de tomates, de fleurs, au repiquage de tomates, de basilic, de concombres, de courgettes, de camomille, aux après-midis techniques (construction de cloches pour la pépinière, plantation de piquets dans les champs…) sans oublier la préparation de la boutique pour les ventes directes hebdomadaires !
Grace au wwoofing, j’ai pu avoir l’aperçu d’une autre vie à laquelle j’aspire, que j’aimerais construire. Grace au confinement, cet aperçu est prolongé, testé et confirmé. Mes projets de reconversion professionnelle prennent forme et je suis plus que jamais convaincue que nous devons être plus nombreux à devenir acteurs d’une production alimentaire locale et raisonnée. 
J’aurais aimé que tout le monde puisse vivre le même « confinement » que moi. Quand j’échange avec famille et amis, dont certains sont en appartement, ce n’est pas sans un sentiment de culpabilité que je raconte mes journées quand ils me demandent comment ça se passe… « Oui c’est vraiment top, il fait beau, l’ambiance est géniale et les semaines passent à toute allure… » Même en dehors du contexte du confinement, je mesure la chance que j’ai de pouvoir prendre du temps et faire du WWOOFing. Là, c’est carrément exacerbé. 

« Il faut plus de jeunes qui choisissent cette voie, plus de paysans qui soignent la terre. »

Malgré cette inégalité d’expérience de confinement, je pense qu’il reste essentiel de raconter le wwoofing. De crier haut et fort la merveille du concept. D’encourager tout.e ami.e se demandant ce qu’elle.il pourra faire pendant les prochaines vacances de foncer sur le site et s’inscrire. Parce qu’il faut plus de jeunes qui choisissent cette voie, plus de paysans qui soignent la terre, plus de fermes comme Layat. 
Le confinement nous déstabilise dans l’équilibre recherché, parfois réussi, de nos vies. Pour les chanceux confinés en WWOOFing, ça nous confirme dans la recherche d’une autre vie car quand confinement rime avec don, on se dit que c’est probablement cette vie là la bonne. 
La question de comment on rend la transition vers cette vie accessible à tous, demeure mais le WWOOFing a le mérite d’ouvrir la première porte avec un concept simple : en échange de gîte et couvert, des rencontres qui bouleversent et l’aperçu d’autres possibles. Merci. » 

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