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Vos trucs pour cultiver la bonne communication en WWOOFing

Une communication bienveillante c’est comme s’occuper d’un potager bio. Cela demande de la bonne volonté, quelques outils pratiques et un peu de travail. WWOOFeurs et hôtes racontent et partagent leurs trucs pour que roule ma poule 🙂

Laurence, 7 ans de pratique du WWOOFing « bien se renseigner sur le rythme de vie de la ferme. »

Tout d’abord, je pense qu’il faut se renseigner. On ne débarque pas comme ça. On écrit, on échange des mails, on se téléphone. Souvent les personnes qui m’ont accueillie m’ont dit que c’était très important d’entendre la voix, de voir comment la personne s’exprime… On perçoit énormément. Et on peut sentir si ça va marcher ou pas.

L’été on se lève souvent tôt à la campagne. Si vous y allez, alors vous acceptez ce rythme.

Si on se renseigne bien à l’avance sur le rythme de vie dans la ferme, chacun sait où il va. L’été on se lève souvent tôt à la campagne car il fait trop chaud pour travailler l’après-midi. Si vous le savez à l’avance, vous êtes libre d’accepter ou pas. Mais si vous y allez, alors vous acceptez pendant vos vacances de vous lever à 6h. Sinon, bien sûr ça va être une source de conflit. C’est du bon sens, si on prépare un minimum, on n’a pas de mauvaises surprises. 


Philippe, hôte en Bourgogne : « S’assurer que les WWOOFeurs aient lu et compris la charte du WWOOFing en amont. »

Je pense qu’au départ, il faut être sûr que tout le monde ait bien lu et compris la charte du WWOOFing en amont. Je pose toujours la question aux WWOOFeurs qui viennent chez moi pour bien mettre les choses en place et éviter les conflits. C’est aussi très important de faire de la prévention.

Pour être bien clairs et prévenir les malentendus, nous avons rédigé un profil très étoffé. Nous précisons bien ce qu’on attend du WWOOFing en insistant sur le principe de base qui est venir partager la vie d’une famille dans une ferme d’agriculture biologique. Il ne s’agit pas de faire quelques heures de boulot et de déguerpir après le repas de midi, mais bien d’une véritable intégration dans la vie de famille, d’échanges et de partage.

On se rend compte très vite quand quelqu’un n’a pas lu la charte et ne sait pas ce que c’est que l’esprit du WWOOF. Dans ce cas, on applique les principes de la communication non-violente en leur expliquant ce dont il est question.

Quand ça arrive, il ne faut pas chercher à gérer le conflit dans le feu de l’action. Car ça risque de monter dans les tours et de déclencher de l’agressivité. Mieux vaut attendre d’être au calme – après le déjeuner, après le dîner, autour d’un café par exemple. Il faut commencer par trouver le bon moment.

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Frédéric, hôte dans le Jura « Le secret : avoir envie d’apprendre de l’autre et de transmettre. »

« Pour l’accueil, je présente le lieu et je donne le tempo. Ensemble on définit le rythme, les envies, les tâches quotidiennes… »

« Après une dizaine d’années d’accueil des WWOOFeurs, j’ai un rythme de communication mis en place. Pour l’accueil, je présente le lieu et je donne le tempo. Ensemble on définit le rythme, les envies, les tâches quotidiennes comme la vaisselle, la préparation des repas communs, les possibilités d’utiliser les vélos, les canoës, les moments où on se pose pour apprendre… Puis pendant deux jours on apprend à se connaitre. Après cette période, je fais un point. Et si quelque-chose ne va pas, j’en parle en expliquant que c’est de ma faute, que j’ai peut-être mal défini les choses. Et on repart.

Comme conseil, je reviens à la philosophie du WWOOFing : c’est toujours avoir envie de recevoir, d’apprendre de l’autre, avoir envie de transmettre. C’est ça le principe de WWOOFing. Si on a de bonnes intentions depuis le début, ancrées dans le partage, l’échange mutuel et la participation, alors les conflits sont très rares. »

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Carol, WWOOFeuse devenue hôte « Veiller aux besoins de chaque personne pour qu’on puisse les satisfaire ensemble. »

Je connais les deux cotés du WWOOFing car je viens de commencer comme hôte, et j’ai été WWOOFeuse pendant près 3 ans. J’ai pratiqué, donc c’est vrai que ça m’aide quand je reçois des WWOOFeurs !

Je pratique la communication bienveillante pour préserver les relations agréables entre nous. Et ce qui est important c’est de veiller aux besoins de chaque personne pour qu’on puisse les satisfaire ensemble. C’est à dire, je vais poser souvent des questions comme Est-ce que tu as eu froid ? Est-ce que tu as bien dormi ? pour vérifier que la personne se sente bien.

Utiliser les outils de la communication bienveillante

Parmi les outils que j’utilise, il y a l’utilisation du « je » plutôt que du « tu ». Au lieu de dire, « Tu dois faire ça » je vais plutôt proposer « Ce qui me ferait plaisir, c’est que ça soit fait. »

Un autre outil en cas de conflit, c’est d’être objectif et ne pas juger. Je commence à décrire plutôt que de donner des ordres tout de suite, décrire ce que je vois et exprimer les ressentis. C’est comme une caméra en fait : « J’ai vu ça et ça, et du coup ça me fait me sentir de telle façon, » et puis je vérifie avec la personne, « Est-ce que c’est également la même chose pour toi ? »

S’il y a un conflit soit en WWOOFing ou bien chez nous, je pense que c’est la même façon : décrire ce que j’observe, exprimer à moi ce que ça me fait et aller voir chez l’autre ce que ça lui fait. Puis ensemble on voit ce dont on a besoin réciproquement pour trouver une solution qui peut nous convenir.

Quand on est WWOOfeur : bien échanger en amont et être capable de s’adapter aux différentes familles

Quand on fait du WWOOFing, on arrive dans la vie de personnes différentes de soi. Il est important d’essayer de s’adapter aux vies que l’on intégre. Et de bien échanger avant de venir pour être sûr que ça vous conviendra. C’est à dire d’envoyer des messages, de poser des questions sur le rythme de vie, du type : Comment vous fonctionnez ? Comment vous voyez l’accueil ?

Quand on est hôte : valoriser l’aide que le WWOOFeur nous apporte.

Quand on est hôte, il faut avoir conscience que l’adaptation demande une certaine énergie aux WWOOFeurs et qu’il faut veiller en retour à avoir une bonne qualité d’accueil. Ça veut dire proposer un endroit confortable et propre.

L’autre conseil, c’est de valoriser l’aide que le WWOOFeur nous apporte. Par exemple en leur disant « Grace à toi, j’ai pu récolter plus de légumes et du coup ils ne vont pas se perdre. »

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Alejandro, WWOOFeur colombien : « Se mettre à la place de l’autre pour trouver la bonne solution. »

« Si un problème survient, n’oubliez pas d’abord d’écouter l’autre si vous voulez pour être entendu. »

J’ai fait du WWOOFing aux alentours de Montpellier. J’ai pu partager la vie quotidienne d’une famille française dans une ferme bio, comme si j’étais un membre de la famille. Sans aucun doute, ces deux semaines ont vraiment été les meilleures parties de mon voyage en France.

Heureusement, je n’ai pas eu un seul conflit pendant tout mon WWOOFing. Cependant, si ça devait arriver, je dirais qu’on doit écouter, donner son propre point de vue et se mettre à la place de l’autre pour se comprendre. Et enfin pour trouver la bonne solution.

Pour les WWOOFeurs, mon conseil est d’être toujours respectueux du rythme de vos hôtes. Si un problème survient, n’oubliez pas d’écouter pour être entendu. Pour les hôtes, c’est de vous vous rappeler que chaque personne possède des capacités uniques et différentes. Pour beaucoup d’entre nous, WWOOFeurs, on fait ça pour la première fois, alors on a besoin aussi d’être guidés et accompagnés. Dans la vie, on est tous débutants à un moment ou un autre ! 


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