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« Je me se sens hyper vivante quand je suis dans la nature »  

Immergée en WWOOFing, Cloé Harent documente notre lien au vivant. Sa série photographique « Le temps d’une pause » a été récompensée. Elle révèle notre recherche de cette intimité perdue avec la nature.

D’où viens-tu Cloé ? Qu’est ce qui t’a amenée à t’intéresser au WWOOFing ?

Je suis née en 1998 dans la région toulousaine, où j’ai fait des études de photographie. Ma grand-mère cultivait des plantes médicinales. Elle me parlait aussi souvent de l’époque où elle vivait dans une ferme, sans eau courante, ni électricité. C’est son témoignage qui a fait germer ce projet. Mais au-delà de ma famille, le monde agricole est un univers qui m’a toujours beaucoup parlé, et l’écologie est un sujet qui a une grande importance pour moi.  C’est pour toutes ces raisons que j’ai eu envie de mettre en lumière les gens qui sont déjà dans le concret de l’agriculture écologique. 

On a l’impression d’une fusion entre les gens et la nature dans tes images, mais aussi d’une sorte de mélancolie…

Oui, je trouve qu’on notre génération a perdu des repères, on a du mal à voir le sens des choses. Mais par contre, on se sent hyper vivant quand on est dans la nature. Peut-être parce qu’on se reconnecte avec quelque chose qu’on a perdu mais qui nous est essentiel.

Dans la première ferme où je suis allée, ils produisent leurs propres céréales, qui servent à nourrir leurs animaux, qui vont leur donner du fromage. Ils font aussi leur propre farine et donc leur pain. Il n’y a rien de plus satisfaisant que de se nourrir de sa propre production. Cette autonomie demande beaucoup d’investissement mais les rend fiers de s’écarter petit à petit du modèle fondé sur la surconsommation. 

Et toi, comment as-tu vécu ces moments en immersion dans les fermes ?

J’ai un corps d’oisillon pour cette activité très physique. Une semaine de WWOOFing me fait prendre conscience de la valeur d’un fruit ou d’un légume. Mais aussi j’ai réalisé que ce travail de la terre – qui est indispensable, si essentiel à nos vies – n’est absolument pas reconnu à sa juste valeur.

Y a t-il eu un avant et un après tes WWOOFings dans ces petites fermes paysannes bio ?

Ça a été une révélation sur ma lecture de la nature. J’ai vécu à la campagne mais pas dans une famille d’agriculteur. Avant quand je voyais un bout de jardin, c’était surtout un endroit où poser une chaise longue. Aujourd’hui, j’y vois un potentiel pour faire grandir du vivant. Dans le petit espace extérieur qu’on partage avec mes colocs, mon comportement a changé, je désherbe, je taille, je plante. Et je sens que ça me plait.

Et maintenant, quels sont tes projets sur ce sujet ?

Je suis à mi-chemin, j’ai déjà fait 7 fermes. Je continue mon travail de recherche photographique. Je choisi des fermes selon les régions et j’essaie de varier les saisons. C’est très perceptible dans la lumière. Je vais continuer le WWOOFing en 2022 car j’aimerais continuer à explorer ce sujet.


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