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Pourquoi le WWOOFing n’EST PAS du travail CONTRE le gîte et le couvert

Mais c’est quoi des « rapports humains non-consuméristes » ? Né des années 70, le WWOOFing, c’est d’abord être curieux de l’autre et du vivant…. C’est parce que j’ai envie de t’aider, que le gîte et le couvert deviennent rien de plus qu’un moyen de m’accueillir.

Le WWOOFing, un état d’esprit associatif

A l’heure de l’économie collaborative – où tout devient valeur d’échange : appartement, trajet en voiture, personne célibataire… – le WWOOFing persiste à croire au plaisir d’être, de vivre et d’agir ensemble, sans fric au milieu !

C’est un exercice d’équilibriste de maintenir les valeurs du WWOOFing dans un monde modelé par des rapports marchands. Mais c’est notre travail en tant qu’association de préserver un état d’esprit en résistance et sans naïveté.


Sylvain, 41 ans, « Faire vraiment connaissance, prendre le temps avec les gens. »

« J’étais prof de yoga et photographe. J’avais envie de quitter Paris mais j’avais un peu de mal à le faire. Le WWOOFing m’a permis de décrocher en douceur. J’ai fait le tour de fermes dans divers endroits de France (Aveyron, Ariège, Pays Basque…), cinq WWOOFing depuis avril dernier. J’ai testé la permaculture, j’ai appris à faire du fromage et à m’occuper de chèvres, j’ai appris à fabriquer du pain entre autres choses.

« J’ai aussi partagé ce que je savais faire : j’ai proposé des cours de yoga car je l’ai enseigné à Paris. Ce qui m’a paru important c’est de prendre le temps avec les personnes qui m’accueillaient. »

Au début je restais deux semaines, puis j’ai réalisé que c’était frustrant de rester moins d’un mois. On partage bien sûr des tâches agricoles, ce qui permet d’apprendre mais aussi des soirées, des moments de la vie : voir un film ensemble, faire un jeu, aller manger chez les voisins… J’ai aussi partagé ce que je savais faire : j’ai proposé des cours de yoga car je l’ai enseigné à Paris. Ce qui m’a paru important c’est de prendre le temps avec les personnes qui m’accueillaient. Car il faut du temps pour vraiment faire connaissance.

J’ai l’intention de repartir encore pour un ou deux WWOOFing. Ça m’a aussi appris ce que je ne pourrai pas faire maintenant 😁 ! Mais il me reste quelques pistes à explorer. J’ai vraiment beaucoup aimé faire du pain…


Anja, d’Allemagne « Faire un peu partie de la famille »

J’ai fait du WWOOFing plusieurs fois dans toute la France – près de Paris, dans l’est de la France et ensuite dans le sud près de l’Espagne – et j’ai fait des choses différentes à chaque fois. Dans certaines fermes, j’ai appris à m’occuper des animaux et dans d’autres, j’ai travaillé dans le jardin et nous allions au marché. Un de mes hôtes m’a beaucoup appris sur l’éco-construction et nous avons même construit une petite maison avec du sable et de la boue… qui l’eut cru ! Sa vision était de créer un éco-village et c’était non seulement très cool d’en apprendre plus mais aussi de l’aider à littéralement « construire » son rêve durable.

De tous les endroits où je suis allé, je n’ai jamais eu l’impression d’être un simple « travailleur ». Les hôtes vous font participer à presque tout ce que vous voulez. C’est très enrichissant ! Dès le début, j’ai eu l’impression de faire partie de la famille. Je cuisinais avec eux, parfois un hôte m’emmenait visiter un château ou nager à la plage, et une fois un hôte m’a même invité à ses vacances en famille. Nous sommes allés chez leurs parents, dans les montagnes, où nous avons fait beaucoup d’activités diverses ensemble, comme des randonnées.

Vous ne feriez pas cela dans un endroit où vous travaillez uniquement pour la nourriture et le logement. C’est vraiment quelque chose que vous faites non seulement en tant qu’invité chez eux, mais aussi un peu comme un membre de leur famille.


Terri, hôte en Provence « Un mode d’apprentissage basée sur la pratique »

Je viens du monde de l’enseignement et je trouve que le WWOOFing est un mode d’apprentissage basée sur la pratique. Nous pensons qu’il est important de travailler avec les personnes venues faire du WWOOFing, et de ne pas simplement leur donner un travail à faire et les laisser faire. Qu’il s’agisse de couper la lavande ou d’extraire le miel, ce ne sont pas des travailleurs non-rémunérés mais des personnes venues nous aider. Il s’agit de partager des tâches rudes mais aussi les plaisirs de la vie quotidienne. De cette façon, il y a un respect mutuel.

« Sarah (au premier plan), derrière elle sa copine Liz et sa sœur Hannah, toutes trois originaires de la région de Boston, et à droite Mikaela, tout juste diplômée en biologie, et le seul garçon Tom, un jeune Britannique. Tous ont formé pendant deux semaines une équipe d’enfer, dure à la tâche dans la bonne humeur. »

La curiosité est l’une des qualités les plus importantes qu’un WWOOFeur puisse avoir. Ceux qui viennent ici sont généralement très curieux et intéressés par l’agriculture, la terre, l’environnement. Ils veulent donc naturellement apprendre et, en tant qu’hôte, je pense qu’il est important de prendre le temps de leur apprendre des choses.

Le Mas dessiné par Suzanne, en WWOOFing – juillet 2021

Après tout, l’idée n’est pas d’héberger des travailleurs mais de faire découvrir notre savoir-faire, notre culture, notre mode de vie.
Il y a aussi un soutien qui se fait entre tous, comme dans une petite communauté. C’est une découverte de nouvelles façons d’être, c’est tout simplement un melting-pot.

Demander un WWOOFing à la ferme de Terri et Bernard


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