Perfectionner le réseau : les abus ou erreurs de casting

Devenir hôte WWOOF France n’est pas automatique. Seule une candidature sur deux est acceptée sur la base des principes de la charte du WWOOFing. Pour préserver le coeur et l’esprit du projet associatif, WWOOF France met un point d’honneur à repérer les abus – côté et hôte et WWOOFeurs – quand ils se présentent. Dans son livre « Carnets de WWOOFing« , Jean-Jacques Fasquel, WWOOFeur aguerri, revient sur ces erreurs de casting.

« En cas d’abus ou de non-respect de sa charte, l’association WWOOF France fait une enquête, entend les parties et peut engager une procédure disciplinaire pouvant aller jusqu’à la radiation de l’hôte [ou du WWOOFeur ] » (ndlr)

« Vous avez peut-être entendu parler de mauvaises expériences de WWOOFing. Même si elles sont sommes toutes assez rares, elles existent.

Si vous êtes confronté à une situation qui ne correspond pas aux principes du WWOOFing ou à ce que vous avez convenu en amont, si les tâches qui vous sont proposées ne vous conviennent pas, vous paraissent trop répétitives, trop physiques ou trop longues, parlez-en rapidement à votre hôte. En cas d’abus caractérisé, n’hésitez pas à contacter WWOOF France, qui peut faire office de médiateur, et sachez mettre fin à un séjour si une solution ne peut être trouvée.

Plus vous aurez discuté en amont avec votre hôte, moins vous risquez de vous retrouver dans ce genre de situation. Par ailleurs, le site de WWOOF France permet désormais aux WWOOFeurs de laisser des commentaires suite à leur séjour. La page Facebook de l’association permet également de lire certains retours d’expériences de WWOOFeurs.

En cas d’abus ou de non-respect de sa charte, l’association WWOOF France fait une enquête, entend les parties et peut engager une procédure disciplinaire pouvant aller jusqu’à la radiation de l’hôte (une vingtaine par an) [ou du WWOOFeur ] » (ndlr).

Sachez également que l’inverse peut se produire si vous ne respectez pas le contrat moral, à l’image de ce WWOOFeur qui passait ses nuits à jouer au poker en ligne, et qui bien sûr ne pouvait être opérationnel au chant du coq.

Extrait tiré du livre Carnets de WWOOFing, de Jean-Jacques Fasquel, éditions Terre vivante

96 pages – 10 € – coll. Champs d’action – éd. Terre vivante

En librairies, magasins bio, jardineries et sur boutique.terrevivante.org

Pour en savoir plus : 
- Qui contacter en cas de mauvaise expérience ?
- Quelle est la politique de commentaires de WWOOF France ?

Première expérience de WWOOFing : le trajet, l’arrivée et la rencontre

Après les échanges virtuels avec votre hôte, vient l’heure de la véritable rencontre. Jean-Jacques Fasquel, WWOOFeur confirmé et auteur du livre « Carnets de WWOOFing », chez Terre Vivante, revient sur ces premières minutes.

« Les premières heures sont les heures des premières fois, comme un enfant, on regarde, on écoute, on reproduit, on s’adapte. »

« C’est le jour J ! Il vous faut rejoindre la ferme de votre hôte. Si vous possédez un véhicule, le trajet ne sera qu’une formalité. En revanche, si vous utilisez les transports en commun (train, bus, covoiturage, autostop), il vous faudra anticiper un peu plus et vous coordonner avec votre hôte, surtout s’il a proposé de venir vous chercher à la gare ou dans une ville proche de la ferme. Pour optimiser leurs déplacements, certains hôtes vous donneront parfois rendez-vous dans un village ou une ville, à l’occasion d’un marché. Ils pourront également profiter d’une livraison ou d’un achat en ville pour vous récupérer.

L’arrivée, la rencontre

Roulements de tambour ! Vous êtes sur le point de toquer à la porte de la ferme ? Votre hôte se dirige vers vous dans le hall de la gare ? Cette première rencontre est un moment important. Vous ne serez pas forcément très à l’aise, mais chacun va tout faire pour briser la glace rapidement. Si votre hôte est venu vous chercher en voiture, le trajet de retour est l’occasion de commencer à se présenter et à s’apprivoiser. Ne soyez pas timide, votre nouveau compagnon est sûrement tout aussi impressionné que vous. Ce n’est pas un entretien d’embauche, alors montrez-vous ouvert, détendu, rassurant, parlez de ce que vous savez faire, de vos autres expériences, de ce qu’il vous plaît…

Vous allez enfin découvrir la ferme qui a fait l’objet de vos projections depuis quelques temps. Vous aurez droit à un tour du propriétaire plus ou moins long… A moins que ce ne soit l’heure de la traite, par exemple, et que l’on vous propose de vous mettre tout de suite en tenue pour profiter de ce premier grand moment. A la ferme, c’est l’activité, les animaux, la météo, les impondérables qui donnent le tempo. Les premières heures sont les heures des premières fois, comme un enfant, on regarde, on écoute, on reproduit, on s’adapte. A votre arrivée, votre hôte vous fera également signer la déclaration sur l’honneur de WWOOF France qui fixe le contrat moral des modalités du séjour. »

Extrait du livre de Jean-Jacques Fasquel, « Carnets de wwoofing », éditions Terre Vivante

3 bons conseils à suivre pour concrétiser son séjour de WWOOFing

Une fois adhérent à l’association WWOOF France, à vous d’entrer en relation avec les hôtes membres. Photo de profil, emails sincères et personnalisés, recherches parmi les nouveaux hôtes… Revue de conseils pour les nouveaux WWOOFeurs.

Jacky et Guillaume, deux WWOOFeurs discutent avec Leni, hôte en Dordogne.
  • Soigner sa photo de profil. Avant d’ouvrir les portes de leur ferme et de leur foyer, nos hôtes vont regarder votre profil. Et il est plus rassurant de connaitre le visage de celui ou celle qu’on va accueillir. Prendre le temps d’ajouter une photo de vous pour remplacer l’avatar par défaut est un gros plus. Evitez les photos d’identité – trop normées et au sourire proscrit – et préférez une photo de vous au naturel.
  • Personnaliser sa demande. En tant que WWOOFeur, vous pouvez envoyer jusqu’à 10 demandes de WWOOFing par jour. La tentation de l’email type et du copier-coller est grande… et souvent improductive. Les hôtes sont très sollicités en été et privilégient souvent les WWOOFeurs véritablement intéressés par leur choix de vie et leurs activités. Alors soyez sincère dans votre démarche : expliquez pourquoi vous avez choisi cette ferme plutôt qu’une autre (type d’activité agricole, de mode de vie en famille ou en collectif, vision du monde…) : gain de temps pour tout le monde assuré.
  • Contacter les nouveaux hôtes WWOOF France. Selon leur date d’adhésion à l’association WWOOF France, leur profil affiche parfois peu, voir aucun commentaire. Ces nouveaux hôtes reçoivent donc parfois moins de demandes que d’autres. N’hésitez pas à les contacter et à devenir, peut-être, leur premier WWOOFeur. Consulter la liste des nouveaux hôtes WWOOF France

Au moment de préparer son sac pour partir en WWOOFing, faire simple et pratique

Boucler son sac, c’est déjà se préparer pour l’aventure. Jean-Jacques Fasquel, WWOOFeur confirmé et auteur du livre « Carnets de WWOOFing », nous glisse quelques conseils avant le départ.

Pour le matériel un peu spécifique, il y a de grandes chances que vos hôtes vous équipent eux-même sur place. Passer un coup de téléphone permettra certainement de ne pas charger son sac pour rien…

« Certes, vous avez l’habitude de faire votre sac pour partir en voyage, mais ce séjour est un peu atypique. Prévoyez des tenues de travail qui ne craignent rien (pantalon, short, T-shirt) et des chaussures solides (de marche, voire de sécurité, c’est à dire avec une coque pour vous prémunir contre les accidents). Pensez également à une veste de pluie, une paire de gants de travail et, si vous avez de la place, une paire de bottes. En général, votre hôte les mettra à votre disposition, mais il est toujours plus confortable d’avoir un équipement parfaitement à sa taille.

Pour le reste des vêtements, ne vous chargez pas trop, car la plupart du temps vous pourrez faire des lessives sur place (à vérifier tout de même avant le départ).

Un bon chapeau, une casquette et de la crème solaire sont recommandés pour l’été. Quand on prend un coup de soleil à la plage c’est embêtant, mais quand on doit retourner aux champs le lendemain, c’est nettement plus désagréable. (…)

Au fond de mon sac, je glisse également quelques petites douceurs pour moi : une plaque de chocolat, un paquet de gâteaux, des fruits secs. Quand on est gourmands ou qu’on a un coup de mou, il est mieux de dévorer ses propres confiseries que d’aller vider le placard de ses hôtes, d’autant que la première épicerie sera parfois à des kilomètres de votre lieu de WWOOFing. Bien que j’emporte également quelques livres à lire et films à visionner, ils restent le plus souvent au fond de mon sac, car le bon air et la fatigue des travaux des champs me font m’endormir comme un bébé, aussi bien lors de la sieste (assez souvent pratiquée par les hôtes) que le soir.

J’amène également la plupart du temps un petit cadeau personnel à mes hôtes (un petit pot de miel de mon jardin, un pot de confiture maison, un livre que j’ai apprécié, un cadeau pour les enfants si je sais qu’ils en ont…) ».

Extrait du livre de Jean-Jacques Fasquel, « Carnets de wwoofing », éditions Terre Vivante

Voir le site des éditions Terre Vivante

WWOOFing et vie quotidienne : « La clé, c’est s’adapter »

En dehors des activités agricoles, faire du WWOOFing c’est aussi débarquer dans la vie quotidienne d’une personne, d’une famille ou d’un collectif. Le WWOOFeur trouvera vite sa place en prenant part aux incontournables tâches ménagères. Bref, en appliquant chez son hôte les bonnes vieilles règles de savoir-vivre. Hôtes et WWOOFeurs racontent leurs expériences.

Aline, éleveuse de brebis dans les Alpes

« Je n’ai rien affiché pour rappeler les règles de vie,
je m’attends à ce que les WWOOFeurs participent spontanément, comme le ferait un ami »

« J’ai 58 ans et ce n’est pas toujours facile pour un jeune d’une vingtaine d’années de trouver sa place dans une maisonnée ! Contrairement à la bergerie, où je pilote les activités, je ne donne aucune consigne aux WWOOFeurs concernant la vie quotidienne. En fait, je m’attends à ce qu’ils soient autonomes : qu’ils repèrent où sont les couverts, qu’ils participent d’eux-mêmes à la pluche des légumes pour la soupe… J’apprécie quand ils observent le fonctionnement puis l’appliquent en prenant leurs marques dans la maison. Le conseil c’est de ne pas rester passif, ne pas attendre qu’on nous demande pour participer au quotidien. La plupart d’entre eux le savent d’ailleurs. Avant de partir, ils me demandent un balai, une pelle et une serpillère pour laisser la chambre dans le même état qu’ils l’ont trouvée. Quand le ménage n’a pas été fait, c’est un peu contrariant… ».

Voir le profil de la ferme La Champagne

Frédéric, maraîcher en Ariège

« Pour l’instant je n’ai jamais eu besoin de demander aux WWOOFeurs de participer au quotidien,
ils le font toujours d’eux-mêmes »

« A l’arrivée des WWOOFeurs, je fais un tour du site pour qu’ils aient une vue à 360° du lieu. J’explique par exemple le fonctionnement des toilettes sèches. Mais je ne donne pas de « règles de vie ». Les WWOOFeurs participent d’eux-mêmes au quotidien et tout se passe généralement de façon très fluide. Je fais moi-même la cuisine car j’aime leur offrir de bons repas… Mais si certains veulent le faire de temps en temps, je ne m’y oppose pas. De mon côté, c’est vrai que je m’attends à ce qu’on partage la vaisselle mais je n’ai jamais eu à demander à quelqu’un de le faire jusqu’à maintenant. Il faut dire que je prends le temps d’accueillir des WWOOFeurs vraiment intéressés par ce que je fais, venus avant tout pour découvrir mon travail ».

Voir le profil des Jardins du Canabera

Roseline, horticultrice dans le Vaucluse

« J’explique aux WWOOFeurs ce que j’attends d’eux, comme ça il n’y a pas de malentendus »

« Chez moi, les choses sont très organisées : je tiens à faire moi-même la cuisine aux WWOOFeurs car c’est une façon de les remercier pour leur aide. Je leur fais goûter la cuisine provençale et ça simplifie la gestion de mon frigo : je sais toujours ce qui s’y trouve et sur quoi je peux compter. Pour être bien claire, j’explique aux WWOOFeurs qu’ils doivent mettre la table, remplir les carafes, couper le pain et débarrasser. Je leur demande aussi de balayer la chambre une fois par semaine. Comme ça il n’y a pas de malentendus, on peut alors profiter les uns des autres ».

Voir le profil des Jardins de la rose et du parfumeur

Cécile, en WWOOFing dans le Béarn

« Delphine avait disposé des panneaux de rappel aux endroits stratégiques : amusants et jamais autoritaires,
ils jouaient leur rôle tout en participant à un bon esprit général »

« Chez Delphine et Fabien, j’étais logée dans une jolie caravane. Quand je suis arrivée, le lit était fait, avec des couettes bien chaudes en prévision des nuits fraîches. Pour la vie quotidienne, elle nous a proposé de faire la cuisine chacun notre tour. Avec l’autre WWOOFeuse, son mari Fabien et elle, on s’est répartis les jours et on a cuisiné avec ce qu’il y avait dans le jardin, c’était sympa car chacun a pu faire goûter ses petits plats. La vraie corvée était celle du seau des toilettes sèches car ça ne se fait pas tout seul, il faut régulièrement le vider ! Mais ça s’est organisé très naturellement avec la WWOOFeuse qui était avec moi. Pour la salle de bain, on essayait toujours de laisser l’endroit propre derrière nous. J’ai bien aimé les panneaux de rappel que Delphine avait disposés aux endroits stratégiques : ils étaient amusants et jamais autoritaires, ils jouaient leur rôle et ils participaient à un bon esprit général ».

Voir le profil de la Ferme des médicinales

Victorien, éleveur et maraîcher en Ile-et-Vilaine

« Comme des amis le feraient, les WWOOFeurs prennent soin de l’endroit qu’on leur prête »

« Avec Rémi, on prépare toujours une chambre propre et confortable à nos WWOOFeurs, avec une bonne couette, des draps propres. C’est un espace qui leur est consacré. Nous n’avons jamais eu de mauvaise surprise, le lieu a toujours été rendu comme ils l’ont trouvé : aspirateur passé, salle de bain nettoyée… On entretient souvent des liens avec les WWOOFeurs qui sont passés chez nous donc, comme des amis le feraient, ils prennent soin de l’endroit qu’on leur prête. Il arrive que certains apportent de petits cadeaux en arrivant : il n’y a pas longtemps, une WWOOFeuse polonaise nous a apporté une bouteille de vodka à la fraise ! Mais ce n’est pas du tout systématique ».

Voir le profil de la ferme du Pré de la Rivière

Marie-Paule, en WWOOFing dans le Gard

« On faisait tous quelque chose et comme ça tout le monde était détendu »

« Quand je suis arrivée chez Christophe, il m’a montré la maison, là où j’allais dormir, etc… je me suis tout de suite sentie à l’aise. C’est lui qui faisait la cuisine, et dès que je pouvais, avec le WWOOFeur canadien qui était avec moi, on aidait à mettre le couvert, à faire les courses ou à passer un coup de balai après le repas. Dans la salle de bain, il y avait une éponge pour nettoyer après notre passage pour les suivants. Est-ce qu’on ne fait pas ça chez soi ? On faisait tous quelque chose et comme ça tout le monde était détendu. Alors le soir on avait le temps de discuter (il n’y avait pas de télé). J’ai tellement appris sur l’agriculture biologique avec Christophe que j’y retourne cet été ».

voir le profil du Moulin du Pont d’Alzon

WWOOFing et famille : conseils à la source

Plus de 500 hôtes acceptent de recevoir des WWOOFeurs en famille. Une belle idée qui pose des questions d’organisation. Retour d’expériences d’hôtes et de WWOOFeurs.

Lola et Fabien, hôte-maraîchers et parents de 2 enfants

« Nous avons des enfants, et c’est parfois plus simple de se comprendre avec des familles. »

Nous sommes dans le réseau WWOOF France depuis presque un an. L’été dernier nous avons accueilli deux familles.

WF : Pourquoi ce choix ?

Nous avons des enfants, et c’est parfois plus simple de se comprendre avec des familles : chacun a son propre centre de gravité, ça peut-être plus facile de trouver sa place que pour un WWOOFeur qui vient seul.

WF : Comment s’est organisée la vie quotidienne sur place ?

Chacune des familles était autonome au niveau du couchage. Nous avons pourtant ce qu’il faut mais ils sont arrivés soit en caravane, soit en camion aménagé. La première famille nous aidait le matin, allait visiter le coin les après-midis et en profitait pour dîner tous les soirs à l’extérieur. L’autre famille préférait rester la journée avec nous, et nous prenions tous nos repas ensemble. A chaque fois, ce fût des séjours courts, d’une semaine environ.

WF : Est-ce que ça ne fait pas beaucoup de monde à nourrir d’un coup ?

Les repas étaient simples et on a l’habitude de cuisiner pour des grandes tablées alors ce ne sont pas quelques estomacs d’enfants qui vont grever notre budget ! Bon, c’est vrai que nous n’avons encore jamais eu d’ado à table ;)…

WF : Et côté gestion des enfants dans l’espace de la ferme ?

Nous sommes sur une grande parcelle fermée, les enfants peuvent se déplacer librement. Parfois, je choisissais de faire une chose à laquelle un enfant pouvait participer, comme de la peinture par exemple. Mais ce qu’ils aimaient surtout, c’était s’occuper des poules !

Visiter le profil de la ferme de T.A.N.G.A

Adrien et sa fille Eva, une semaine de WWOOFing dans le Perche

« On participait à toutes les tâches du quotidien. »

WF : WWOOFer en vacances avec ta fille, d’où t’est venue cette idée ?

Je cherchais d’abord une immersion totale à la campagne avec ma fille de 6 ans, et non pas des vacances pas chères (mais finalement, ça a aussi été le cas !). J’étais là pour le plaisir d’être en plein air et d’aider la famille de maraîchers qui nous a accueillis dans le Perche. Ils avaient 3 jeunes enfants et ma fille a pu un peu participer, comme l’aurait fait une petite de la ferme, à ramasser les œufs et nourrir les poules.

WF : Comment s’est organisée la vie quotidienne ?

Nous sommes venus en camion aménagé donc nous étions autonomes sur le couchage. Mais nous prenions tous nos repas ensemble avec la famille qui nous accueillait, du petit-déj au repas du soir. On participait à toutes les tâches du quotidien : on allait “cueillir les courses” dans le jardin, on faisait un peu de troc avec l’éleveur d’à-côté pour la viande. Pour la cuisine et la vaisselle, c’était à tour de rôle, ça se faisait naturellement.

WF : Ta fille a t-elle réussi à s’adapter facilement ?

Sans aucun problème ! Bien sûr, tout n’est pas comme à la maison : nous qui avons l’habitude des baguettes bien blanches, on a mangé du pain de campagne qui se garde longtemps. Personne ne m’empêchait d’aller à la boulangerie du coin si je n’étais pas content ! Mais l’état d’esprit c’est quand même de se laisser embarquer par la vie de la ferme, pas de chercher à appliquer son fonctionnement habituel.

WF : Mais comment s’occuper d’un enfant tout en WWOOFant quand on est une famille monoparentale ?

Quand elle n’était pas avec les poules ou le chien qu’elle rêverait d’avoir, Eva jouait avec ses crayons de couleurs et ses jeux mais aussi avec la famille… elle sait s’occuper. Il y a certainement eu quelques moments d’ennui pour elle, mais d’un point de vue éducatif, je trouve ça bien qu’elle rêvasse un peu.

Thierry, hôte en Ardèche et père de 3 enfants

« Pour que ça marche, mieux vaut avoir des enfants autonomes, à partir de 7 ou 8 ans. »

WF : Après de nombreux accueils de WWOOFeurs en famille, tu as choisi d’arrêter, pourquoi ?

Oui, car accueillir une famille demande naturellement plus de temps que l’accueil d’un WWOOFeur seul : aujourd’hui nos projets sont bien lancés et ne nous permettent plus d’être aussi disponibles.

WF : Quelle expérience en retires-tu ?

Avec la ferme, on a pas trop l’occasion de partir, alors avec le WWOOFing, c’est le monde qui vient à nous ! Nous avons trois enfants qui suivent l’école à la maison, et ma femme est accompagnatrice à la natalité… c’est donc tout naturellement que nous avons reçu plein de familles. Tous les profils sont passés à la maison. A chaque fois ce fût des rencontres singulières. Un de nos premiers WWOOFeurs est même devenu le parrain d’un de mes enfants.

WF : Tu as des conseils à donner pour que tout se passe bien ?

Pour que ça marche, mieux vaut avoir des enfants autonomes, à partir de 7 ou 8 ans. Il faut aussi que la relation avec les parents soit bonne : que les enfants les écoutent suffisamment, qu’ils ne soient pas obligés de crier. Il faut aussi avoir conscience que le WWOOFing en famille ça complique les paramètres d’accueil : rythme, goût pour la nourriture de la campagne, logistique… et ce qui est naturel pour nos enfants à la campagne – se faire griffer par une ronce ou chatouiller par une bestiole – peut devenir un événement parfois très dur à gérer pour un petit citadin. Et surtout, il ne faut pas être pris par des impératifs de production, être relax.

Anne-Laure, hôte en Bretagne

« Les familles de WWOOFeurs
participent aussi à la vie quotidienne. »

Avec Gilles, on accueille au moins 3 ou 4 familles de WWOOFeurs par an, depuis plusieurs années.

WF : Une famille, ça complexifie l’accueil, pourquoi fais-tu ça ?

Je viens de l’éducation populaire, j’aime transmettre et surtout j’aime l’idée de passer des vacances à apprendre et non pas à consommer. Les familles qui viennent en WWOOFing chez nous sont sur la même longueur d’onde, cela fait qu’on se comprend très vite.

WF : Et concrètement, comment ça s’organise ?

Le parent donne un coup de main au jardin pendant que les enfants partent à l’aventure avec les miens qui ont une dizaine d’années. Il faut qu’ils soient assez grands pour ça bien sûr. Les familles de WWOOFeurs participent aussi à la vie quotidienne : ils font quelques courses de temps en temps, aident à la préparation du repas, à mettre la table, etc… Tout s’équilibre très naturellement.

WF : Donnes-tu des consignes à l’arrivée ?

Bien avant ! J’envoie toujours un petit document après le premier contact pour être bien claire. J’y récapitule nos règles de gestion de l’eau, les tâches attendues de la part des parents selon les saisons, l’organisation des repas… Par exemple, nous prenons nos repas ensemble à midi mais pas systématiquement les soirs afin de se préserver des moments en famille. Il faut dire que l’été, la cuisine de notre petit éco-camping permet aux familles d’être autonomes à certains moments.

WF : Et tu n’as jamais eu de mauvaises expériences ?

Une seule si. Cet hiver, une maman et sa fille qui sont venues et reparties le lendemain sans rien dire, même pas au-revoir… On se demande toujours ce qui lui pris ! Va savoir…

Visiter le profil de l’Eco Domaine Le Bois du Barde


Un accueil réglementé

  • Il faut être majeur et avoir adhéré à l’association pour être WWOOFeur.
  • A ce titre, un enfant ne peut bien sûr pas être considéré comme un WWOOFeur.
  • Si il peut accompagner et participer à certaines activités, cela doit se faire en accord avec l’hôte, et bien sûr sous la responsabilité de ses parents.

“Vous souhaitez partager vos conseils et expériences de WWOOFing en famille ? N’hésitez pas à nous écrire à hello@wwoof.fr, nous vous recontacterons pour recueillir vos témoignages. ”