WWOOFing et vie quotidienne : « La clé, c’est s’adapter »

En dehors des activités agricoles, faire du WWOOFing c’est aussi débarquer dans la vie quotidienne d’une personne, d’une famille ou d’un collectif. Le WWOOFeur trouvera vite sa place en prenant part aux incontournables tâches ménagères. Bref, en appliquant chez son hôte les bonnes vieilles règles de savoir-vivre. Hôtes et WWOOFeurs racontent leurs expériences.

Aline, éleveuse de brebis dans les Alpes

« Je n’ai rien affiché pour rappeler les règles de vie,
je m’attends à ce que les WWOOFeurs participent spontanément, comme le ferait un ami »

« J’ai 58 ans et ce n’est pas toujours facile pour un jeune d’une vingtaine d’années de trouver sa place dans une maisonnée ! Contrairement à la bergerie, où je pilote les activités, je ne donne aucune consigne aux WWOOFeurs concernant la vie quotidienne. En fait, je m’attends à ce qu’ils soient autonomes : qu’ils repèrent où sont les couverts, qu’ils participent d’eux-mêmes à la pluche des légumes pour la soupe… J’apprécie quand ils observent le fonctionnement puis l’appliquent en prenant leurs marques dans la maison. Le conseil c’est de ne pas rester passif, ne pas attendre qu’on nous demande pour participer au quotidien. La plupart d’entre eux le savent d’ailleurs. Avant de partir, ils me demandent un balai, une pelle et une serpillère pour laisser la chambre dans le même état qu’ils l’ont trouvée. Quand le ménage n’a pas été fait, c’est un peu contrariant… ».

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Frédéric, maraîcher en Ariège

« Pour l’instant je n’ai jamais eu besoin de demander aux WWOOFeurs de participer au quotidien,
ils le font toujours d’eux-mêmes »

« A l’arrivée des WWOOFeurs, je fais un tour du site pour qu’ils aient une vue à 360° du lieu. J’explique par exemple le fonctionnement des toilettes sèches. Mais je ne donne pas de « règles de vie ». Les WWOOFeurs participent d’eux-mêmes au quotidien et tout se passe généralement de façon très fluide. Je fais moi-même la cuisine car j’aime leur offrir de bons repas… Mais si certains veulent le faire de temps en temps, je ne m’y oppose pas. De mon côté, c’est vrai que je m’attends à ce qu’on partage la vaisselle mais je n’ai jamais eu à demander à quelqu’un de le faire jusqu’à maintenant. Il faut dire que je prends le temps d’accueillir des WWOOFeurs vraiment intéressés par ce que je fais, venus avant tout pour découvrir mon travail ».

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Roseline, horticultrice dans le Vaucluse

« J’explique aux WWOOFeurs ce que j’attends d’eux, comme ça il n’y a pas de malentendus »

« Chez moi, les choses sont très organisées : je tiens à faire moi-même la cuisine aux WWOOFeurs car c’est une façon de les remercier pour leur aide. Je leur fais goûter la cuisine provençale et ça simplifie la gestion de mon frigo : je sais toujours ce qui s’y trouve et sur quoi je peux compter. Pour être bien claire, j’explique aux WWOOFeurs qu’ils doivent mettre la table, remplir les carafes, couper le pain et débarrasser. Je leur demande aussi de balayer la chambre une fois par semaine. Comme ça il n’y a pas de malentendus, on peut alors profiter les uns des autres ».

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Cécile, en WWOOFing dans le Béarn

« Delphine avait disposé des panneaux de rappel aux endroits stratégiques : amusants et jamais autoritaires,
ils jouaient leur rôle tout en participant à un bon esprit général »

« Chez Delphine et Fabien, j’étais logée dans une jolie caravane. Quand je suis arrivée, le lit était fait, avec des couettes bien chaudes en prévision des nuits fraîches. Pour la vie quotidienne, elle nous a proposé de faire la cuisine chacun notre tour. Avec l’autre WWOOFeuse, son mari Fabien et elle, on s’est répartis les jours et on a cuisiné avec ce qu’il y avait dans le jardin, c’était sympa car chacun a pu faire goûter ses petits plats. La vraie corvée était celle du seau des toilettes sèches car ça ne se fait pas tout seul, il faut régulièrement le vider ! Mais ça s’est organisé très naturellement avec la WWOOFeuse qui était avec moi. Pour la salle de bain, on essayait toujours de laisser l’endroit propre derrière nous. J’ai bien aimé les panneaux de rappel que Delphine avait disposés aux endroits stratégiques : ils étaient amusants et jamais autoritaires, ils jouaient leur rôle et ils participaient à un bon esprit général ».

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Victorien, éleveur et maraîcher en Ile-et-Vilaine

« Comme des amis le feraient, les WWOOFeurs prennent soin de l’endroit qu’on leur prête »

« Avec Rémi, on prépare toujours une chambre propre et confortable à nos WWOOFeurs, avec une bonne couette, des draps propres. C’est un espace qui leur est consacré. Nous n’avons jamais eu de mauvaise surprise, le lieu a toujours été rendu comme ils l’ont trouvé : aspirateur passé, salle de bain nettoyée… On entretient souvent des liens avec les WWOOFeurs qui sont passés chez nous donc, comme des amis le feraient, ils prennent soin de l’endroit qu’on leur prête. Il arrive que certains apportent de petits cadeaux en arrivant : il n’y a pas longtemps, une WWOOFeuse polonaise nous a apporté une bouteille de vodka à la fraise ! Mais ce n’est pas du tout systématique ».

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Marie-Paule, en WWOOFing dans le Gard

« On faisait tous quelque chose et comme ça tout le monde était détendu »

« Quand je suis arrivée chez Christophe, il m’a montré la maison, là où j’allais dormir, etc… je me suis tout de suite sentie à l’aise. C’est lui qui faisait la cuisine, et dès que je pouvais, avec le WWOOFeur canadien qui était avec moi, on aidait à mettre le couvert, à faire les courses ou à passer un coup de balai après le repas. Dans la salle de bain, il y avait une éponge pour nettoyer après notre passage pour les suivants. Est-ce qu’on ne fait pas ça chez soi ? On faisait tous quelque chose et comme ça tout le monde était détendu. Alors le soir on avait le temps de discuter (il n’y avait pas de télé). J’ai tellement appris sur l’agriculture biologique avec Christophe que j’y retourne cet été ».

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Des hôtes solidaires ouvrent leurs fermes aux réfugiés

Le programme WWOOFing Solidaire lancé par WWOOF France a démarré. Malick a pu parfaire ses connaissances en élevage chez Claude Lamaud. Tandis que Amadou s’est initié à l’agriculture bio chez Laurent Pasteur. Des parcours réussis grâce à la générosité des hôtes, de nos référents bénévoles et de partenariats avec deux associations.

Ce programme d’accueil pour les demandeurs d’asiles (personnes en attente de régularisation) a pour objectif d’offrir des moments d’activités en milieu rural, permettant de recréer du lien humain et social. C’est aussi l’occasion d’acquérir de nouvelles compétences agricoles.

Deux expériences ont eu lieu en décembre 2018. Un premier partenariat avec JRS, une association d’aide aux migrants de Paris, a permis l’accueil de Malick et Amadou chez Claude LAMAUD et Laurent PASTEUR, deux hôtes Solidaires de Haute-Vienne. Deux séjours distincts, d’une semaine, pour prendre contact et découvrir les lieux. Apprendre à se connaitre et vivre ensemble. Sortir de l’inaction forcée des CADA (centres d’hébergement), prendre l’air et écouter le silence de la campagne.

Amadou entouré de Laurent, son hôte-solidaire, de Lucile, référente de l’association JRS et Marie-Hélène, référente WWOOF France.

Avant de démarrer les accueils à proprement dit, une première rencontre entre Marie-Hélène Evert (référente WWOOF-France Limousin), Lucile FROITIER (la référente de JRS) et les hôtes-Solidaires a permis de répondre à leurs inquiétudes et questions diverses.

Malick étant plus intéressé par l’élevage, son choix s’est porté sur la ferme de Claude où il a pu aborder différentes activités agricoles en sa compagnie : s’occuper des vaches écossaises, des lapins et des poules. Il a particulièrement apprécié le contact avec les lamas, animal qu’il ne connaissait pas. La culture et la transformation des Simples correspondaient plus aux désirs d’Amadou, c’est donc chez Laurent qu’il fut accueilli. Il y a appris à planter des fruitiers (trous, plantations, amendement en compost de paille), à faire des terrasses pour le potager et du désherbage. Pour Amadou ce séjour fut l’occasion d’apprécier le calme de la campagne, le bruit du vent dans les arbres, les moments de silence qui lui ont permis de se ressourcer, de mieux réfléchir sur lui-même et de se reposer de l’agitation de la ville. De rencontrer de nouvelles personnes bienveillantes et disponibles et créer ainsi de nouveaux liens. Sa découverte du miel comme aliment et non comme médicament comme il en avait usage avant : un moment très émouvant où il nous a parlé de sa mère.

Ce fut aussi l’occasion tant pour Malick que pour Amadou de rencontrer les voisins, les amis, parents et conjoint de leurs hôtes, de tisser de nouveaux liens et de faire de belles rencontres. Quelques jours après l’accueil, Malick a demandé le numéro de Claude afin de prendre de ses nouvelles. Une belle relation s’est apparemment tissée entre tous les deux, et ils vont garder contact. Tous on évoqué le désir de renouveler l’expérience autant pour le plaisir de se revoir que celui de suivre l’évolution de leurs plantations.

Le succès de ces expériences repose sur la qualité d’écoute et de respect de tous les protagonistes mais aussi grâce à l’énergie et la compétence de référents (WWOOF France et JRS France) sans qui rien n’aurait été possible. D’autres séjours se construisent dans le Limousin mais aussi dans le Calvados (avec l’association SINGA) et bientôt dans d’autres régions.

Si vous faites partie des hôtes adhérents WWOOF France, vous pouvez intégrer le programme en contactant notre délégué WWOOF Solidaire : jerome@wwoof.fr.